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Nostradamus

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Nostradamus et ses héritiers

Est-il possible qu’un médecin et astrologue français du 16eme siècle ait prédit la montée du communisme, l’abdication du roi d’Angleterre Edouard VIII par amour pour une divorcée, et même l’attaque japonaise sur Pearl Harbour ? Les quatrains symboliques de Nostradamus auraient annoncé des événements survenus dans le monde entier depuis l’époque de sa mort  et d’autres drames â venir, notamment le cataclysme amenant la fin du monde. D’autres visionnaires ont consigné par écrit leurs prédictions d’une ruine universelle imminente. Qu’annoncent donc leurs visions ? Que peut-on espérer après cette dévastation ?
Il est minuit et l’astrologue monte l’escalier en colimaçon pour gagner son bureau secret en haut de la maison. Il sait qu’il n’y sera pas dérangé, sa femme retiendra les visiteurs importuns. Il s’assied devant un tabouret de cuivre à trois pieds, place une baguette de laurier entre ses jambes et se met à asperger d’eau le bord de sa houppelande et ses pieds. Pendant un moment il se sent terrorisé par la puissance qu’il est sur le point d’évoquer. Puis son courage revient, il pose un bol d’eau sur le tabouret et regarde en silence dans le liquide. Au bout d’un moment la puissance lui « parle » et il est « divinement possédé ». L’eau se trouble et il y voit l’avenir images de guerre, famines, tremblements de terre, incendies et désastres. Allumant une bougie, il entre alors en transe et son voyage dans les temps futurs le mène de plus en plus loin en apportant davantage de détails. Alors que la voix de l’espace poursuit et que des images apparaissent dans l’eau, il consigne ses visions dans un épais cahier de vélin. Son activité dure jusqu’à l’aube. Avec les premières lueurs, il n’entend et ne voit plus rien. Il s’ap-puie sur le dossier de sa chaise. épuisé. En bas. sa femme va bientôt préparer le petit déjeuner. Dans un instant il la rejoindra. mangera avec elle. lui parlera des révélations qu’il a eues et se reposera jusqu’à la nuit prochaine reprenant ainsi son travail de divination.

Plusieurs des célèbres prophéties de Nostradamus se rapporteraient, pense-t-on, à Napoléon.

Le quatrain suivant en est un exemple :

D’un nom que nul roi de France porta jamais, N’y eut jamais foudre si terrifiante, Italie, Espagne et les Anglais en tremblent, Grande attention portera aux femmes étrangères. » L’interprétation selon certains, de ce quatrain s’applique à Napoléon, car : il était le premier Bonaparte, nom nouveau parmi tes souverains français, il était audacieux et puissant (comme la foudre), tous les pays européens en vinrent à le redouter, et il aima deux femmes étrangères

Astrologue français Michel de Nostre-Dame, connu sous le nom de Nostradamus. Pour lui, il n’y avait rien d’absurde dans ce qu’il faisait ou dans ce qu’il voyait et entendait. C’était le moyen naturel, le seul, par lequel il pourrait, comme il l’a dit, « laisser un souvenir de moi après la mort pour le bénéfice commun de l’humanité, concernant les choses que la Divine Essence m’a fait connaître par des révélations astronomiques ». Nostradamus écrivit ces mots à son fils dans la dédicace de la première édition de ses fameuses Centuries, publiée à Lyon en mars 1555. Dans son oeuvre, le terme centuries ne se rapporte pas à des périodes d’une centaine d’années, mais à des séries de prophéties dont le nombre s’élève à cent par fascicule. Bien que les prophéties reçues par Nostradamus fussent parfaitement claires, il ne les a pas présentées à ses lecteurs de façon intelligible. Pour ne pas offenser l’Église et pour éviter une panique parmi la popula-tion, il les écrivit sous forme de quatrains dans un langage obscur et symbolique. Éminent érudit, Nostradamus usait dans ses quatrains d’un mélange de calembours, d’anagrammes (il écrivait, par exemple, Ripas pour Paris), de français, de latin et d’une langue inventée par lui. « Si j’évoquais ce que sera l’avenir », expliquait-il, « ceux du royaume, des sectes, de la religion et de la foi le trouveraient si peu conforme à leurs toquades qu’ils en viendraient à condamner ce dont les temps futurs reconnaîtront comme vérité ». Dans une let-tre à son protecteur, le roi de France Henri II — dont, soit dit en passant, il prédit exactement la mort — Nostradamus ajoutait : « Certains pourront répondre que la poésie est aussi facile à com-prendre qu’un coup de poing sur le nez, mais que son sens est plus difficile à saisir. » L’astrologie connaissait alors une vogue qu’elle ne retrouvera pas avant les années 1930. Nostradamus fut soupçonné d’avoir fait un pacte avec le Diable. Homme vertueux élevé dans la crainte de Dieu, dont on savait qu’il avait brûlé des ouvrages d’occultisme allant contre les canons de l’Église, l’astrologue citait pour sa défense la Bible, d’après saint Matthieu (VII.6) « Seuls ceux qui sont inspirés par la puissance divine peuvent prédire des événe-ments particuliers dans un esprit de prophétie. » Sa vertu et son inspiration « divines » venaient directement, assurait-il, du Dieu créateur qui l’utilisait comme porte-parole de ses plans et de ses intentions pour l’avenir. Mélangeant savoir et intuition, Nostradamus s’intéressait aux faits futurs plutôt qu’aux dates. Il donna même une date fausse pour sa propre mort, car il disparut en juillet 1566 et non en novembre 1567 comme il l’avait prédit. Ce qui d’ailleurs ne nuit en rien au succès des Centuries qui, d’édition en édition, s’impriment depuis près de quatre cents ans. Ses méthodes nocturnes de divination s’inspiraient largement d’un ouvrage ancien intitulé De Mysteriis Egyptorum, dont une édition avait été publiée à Lyon en 1547. Son auteur, un philosophe grec du 6eme siècle, du nom de Iamblichus, recommandait fortement de se vêtir d’une houppelande, d’employer une baguette et un tabouret à trois pieds. Pour les disciples ultérieurs de Nostradamus, un tel apparat donnait plus de poids à ses prédictions.

Voici une traduction du troisième quatrain de la Première Centurie de Nostradamus :

Quand litières seront retournées par trombe de vent et que visages seront masqués, la nouvelle république sera troublée par son peuple. A ce moment rouges et blancs prendront des décisions funestes.

Cela a été interprété comme l’annonce de la Révolution française de 1789 et de la venue de ce que Nostradamus appelait l’Avènement du commun, c’est-à-dire la prise du pouvoir par l’homme du commun. Par « rouges » et « blancs » il faudrait entendre l’époque de Robespierre et de la Terreur, le blanc étant la couleur des Bourbons jetés à bas de leur trône et le rouge celle des révolutionnaires. Une de ses rares prédictions indiquant une date déterminée a également trait à la Révolution française. Dans une lettre au roi Henri II du 27 juin 1558, Nostradamus prévoyait un soulèvement contre l’Église, disant : « Ce sera en 1792, année qui sera aux yeux de chacun l’âge du renouveau. » De fait, la République française, fille de l’anticléricalisme, vit le jour en septembre 1792. L’année précédente avait vu la fuite de Louis XVI et de Marie-Antoinette qui, ainsi que l’astrologue l’avait prédit, empruntèrent de nuit « un chemin détourné » avant de tomber aux mains de la populace et d’être décapités. Il est tout naturel que certaines des prophéties les plus exactes de Nostradamus, qui était français, aient concerné son pays. Dans le septième quatrain de la Première Centurie, il parle de « lettres interceptées en chemin », prédiction qui pourrait s’appliquer à la célèbre affaire Dreyfus trois cent trente-neuf ans plus tard. Dans ce déchaînement de l’antisémitisme qui divisa le pays, Dreyfus, bien qu’innocent, fut injustement condamné sur la foi de lettres interceptées qu’il aurait adressées aux Allemands. Avant d’être réhabilité, Dreyfus vit son cas étudié par un personnage du nom de Rousseau comme Nostradamus l’avait prédit. Ce ministre était si violemment anti dreyfusard qu’il conclut une deuxième fois à la culpabilité de l’officier alors que l’innocence de Dreyfus fut totalement reconnue peu de temps après. A ces prédictions faisait suite la vision du massacre à Nantes en 1793 où un millier d’habitants opposés aux révolutionnaires furent guillotinés ou noyés dans la Loire : « Cris, gémissements lamen-tables à Nantes » furent les mots de Nostradamus. Napoléon apparaît dans un certain nombre de prophéties annonçant entre autres sa naissance (« un empereur naîtra près d’Italie, dont empire coûtera cher »), sa retraite de Moscou en feu de l’hiver 1812-1813 (« masse d’hommes s’approchera… le Destructeur ravagera la grande cité »), ainsi que sa défaite à Waterloo en 1815, où le Léonard (l’Angleterre) et le Sanglier (la Prusse) écrasèrent l’Aigle (Napoléon). Toutefois, comme il l’a dit lui-même, Nostradamus a eu une pré connaissance touchant plus d’un pays ou d’un continent. Quelques-unes de ses plus fascinantes prophéties concernent les États-Unis, leurs habitants et leurs dirigeants politiques. A trois reprises dans les dix livres des Centuries on trouve des mentions telles que « le grand homme… foudroyé en plein jour », « le grand personnage tombera », « le monde perturbé par trois frères ; leurs ennemis vont s’emparer de la ville marine, faim, feu, sang, peste et tous les diables portés au double ». On y voit en général l’annonce de l’assassinat du président John Kennedy, la prémonition du meurtre de son frère Robert et l’indication que le sénateur Edward

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