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Constellation des chiens

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Dans la mythologie grecque, un géant est obligatoirement accompagné de ses fidèles chiens de chasse, et le puissant Orion ne fait pas exception. Au sud des Gémeaux et à l’est d’Orion se trouvent les deux chiens de chasse du géant, Sirius et Procyon. Sirius (alpha Canis Majoris, de magnitude 1,6) est l’étoile la plus brillante de notre ciel, beaucoup plus éclatante que les étoiles de magnitude 2 et 3 qui constituent avec elle la constellation du Grand Chien. Pour l’hémisphère Nord, ce Chien se situe bas dans le ciel derrière Orion, et surveille de l’oeil la constellation du Lièvre, qui se trouve au pied d’Orion. Procyon, une étoile jaune clair de magnitude 0,5, est à peu près au niveau des épaules d’Orion.

C’est la principale composante de la petite constellation du Petit Chien, dont la seule autre étoile importante est Gomeisa, de magnitude 3. Les deux Chiens, dans l’hémisphère Nord, sont reliés à Orion par un immense triangle, le « triangle d’hiver o, qui chevauche la Voie lactée et qui est formé par Sirius et Bételgeuse (alpha Orionis). En grec, Procyon signifie littéralement «Chien qui court devant », parce que cette étoile annonce la venue de Sirius, la plus belle de toutes, dont Procyon semble être le second. L’ancien calendrier égyptien a pour base le lever héliaque de Sirius, c’est-à-dire le jour de sa première apparition annuelle en tant qu’étoile du matin, au moment où elle s’éclaire dans le ciel d’Orient, juste avant le lever du Soleil. Cet événement a lieu à la mi-juillet et coïncide avec la crue du Nil, dont dépend la fertilité de la terre. Le calendrier sothiaque (puisque les Égyptiens appelaient Sirius « Sothis ») a été établi vers le milieu du millénaire av. J.-C. Dans l’ancienne Égypte, Sirius représentait la déesse Isis, divinité bénéfique et protectrice des morts . Dans la mythologie égyptienne, Isis est décapitée par Seth, et le dieu lunaire Thot remplace sa tête par celle d’une vache ; Isis devient alors Hathor, représentée sous la forme d’une vache. Dans un culte très populaire, Sirius fut associé à cette divinité.

Isis maîtrisait la magie ; à partir d’un crachat du vieux dieu-Soleil Rê, elle façonna lin serpent avec de la terre, et celui-ci mordit Rê. Ce dernier, ne comprenant pas pourquoi le venin de l’animal était si puissant, demanda à la déesse de le guérir. Mais avant d’user de ses pouvoirs magiques pour guérir le dieu, celle-ci lui imposa de lui révéler son nom, ce qui lui permit de s’approprier en même temps sa puissance. Ce sont les anciens Égyptiens qui ont fait de Sirius l’étoile du Grand Chien. Dans la civilisation égyptienne, les o jours du Chien o correspondent à une période de quarante jours, en juillet-août, qui suit le début de l’année sothiaque, au moment le plus chaud de l’été. On pensait que Sirius était responsable de cette chaleur, soit du fait de son propre rayonnement, soit, indirectement, à cause de l’influence qu’il exerçait sur le Soleil. On croyait que pendant les e jours du Chien * les créatures vigoureuses gagnaient en force, alors que les plantes et les animaux chétifs déclinaient et mouraient. Les hommes risquaient de contracter une fièvre grave et mortelle, appelée seiriasis de seirios (o brûlant »), nom grec de Sirius. Les textes les plus anciens insistent parfois sur cet aspect brûlant de Sirius, ou soulignent plutôt les affinités de cette étoile avec la maladie et la mort. Le grammairien romain Servius (Ir siècle) explique les notions de sympathie et d’antipathie en montrant la correspondance qui existe entre l’étoile Sirius et les chiens, la cha-leur et la rage. Il dit que les chiens, ayant le pouvoir du feu, n’ont, par nature, pas d’affinités avec l’humidité, « parce que l’humidité est leur ennemie [… ils éprouvent de la difficulté à boire de l’eau pour étancher leur soif. C’est la raison pour laquelle ceux qui ont été victimes de la morsure d’un chien enragé reculent devant l’eau […1 parce que le poison de cet animal, étant opposé à l’humidité, se déchaîne de la même manière à l’intérieur du corps humain ». En Chine, Sirius était connu sous le nom de Thien Lang, le « Loup céleste ». Il ne présageait jamais rien de bon : quand on voyait l’étoile briller, on pouvait s’attendre à être attaqué par des voleurs. Pour les Tibétains, peuple agraire établi aux portes de la Chine, Thien Lang fut aussi l’étoile majeure. Dans les années 40, on a découvert que les Dogons, au Mali, avaient depuis toujours évoqué une étoile jumelle de Sirius appelée Po (ce qui a donné lieu à de nombreuses controverses). Ils lui donnaient le nom d’« Étoile la plus lourde », et son orbite elliptique, dé-crite en 50 ans, leur servait de base pour calculer les périodes rituelles. Et, pourtant, ce n’est qu’en 1862 que les scientifiques établirent que Sirius était une binaire (étoile double), et que la petite Sirius B (de magnitude 8,5) gravitait autour d’elle en 50 ans. Il est difficile d’expliquer comment les Dogons ont eu connaissance de ce fait.

Le fou, dans un jeu de tarot. Certains auteurs pensent que cette figure représente le chien Sirius attaquant Orion, homme universel.

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